Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, le shekel israélien a connu une appréciation marquée face à l'euro — passant de 4,10 à 3,75 sur les douze derniers mois. Cette variation de 8 % a des conséquences directes sur le coût d'achat immobilier pour les investisseurs européens.
Le contexte macroéconomique
L'administration américaine actuelle est perçue par les marchés comme structurellement pro-Israël : accords financiers renforcés, levée de certaines restrictions sur les transferts, soutien diplomatique constant. Ce climat alimente une confiance accrue des investisseurs internationaux dans l'économie israélienne — et soutient mécaniquement la devise.
L'effet sur l'immobilier
Un appartement affiché à 15 millions de shekels coûtait 3,66 M € fin 2024. Le même bien, sans changement de prix en shekel, coûte 4 M € aujourd'hui. Pour un acheteur en euros, c'est un renchérissement de 9 % sans qu'aucune transaction n'ait eu lieu sur le bien lui-même.
La réaction des propriétaires israéliens
Conséquence : les vendeurs israéliens, conscients de l'appétit étranger, augmentent leurs prix d'affichage en shekel — ce qui amplifie l'effet pour l'acheteur en devise forte. Sur les douze derniers mois, les prix d'affichage premium à Tel Aviv ont augmenté de 6 à 9 % en shekel, et donc de 14 à 17 % en euros.
Trois stratégies pour acheteurs en euros
1. Verrouiller le change. Plusieurs banques privées en Suisse et au Luxembourg proposent des forwards à 6 ou 12 mois sur EUR/ILS. Pour une transaction à venir, c'est une assurance utile.
2. Convertir progressivement. Plutôt que de transférer la totalité du montant en une fois, étaler la conversion sur trois à six mois lisse le risque de pic.
3. Privilégier les biens libellés en euros. Certains nouveaux programmes (notamment à Sde Dov et Herzliya Pituah) acceptent des contrats en euros directement. Ça neutralise le risque de change.
Notre lecture
Tant que la nouvelle administration américaine reste en place, le shekel a peu de raisons structurelles de s'affaiblir. Pour les acheteurs européens qui hésitent, l'attente coûte. C'est un message inhabituel à délivrer dans un marché souvent perçu comme cyclique — mais c'est ce que les chiffres montrent.